L’option heures pleines/heures creuses n’est plus réservée aux logements dotés d’un abonnement puissant. Depuis le 1er août 2026, les compteurs de 3 kVA peuvent eux aussi accéder à cette option tarifaire, ce qui ouvre la porte aux studios, aux petites surfaces et à de nombreux foyers jusque-là exclus. En parallèle, les plages horaires évoluent : une partie des heures creuses peut désormais se situer l’après-midi, en plus des créneaux nocturnes. Pour les occupants capables de programmer un chauffe-eau, un lave-linge ou d’autres appareils, la facture d’électricité peut donc devenir plus facile à piloter.
Cette ouverture ne transforme toutefois pas la double tarification en économie automatique. Les heures pleines coûtent davantage que le tarif Base, et le bénéfice dépend de la part de consommation électrique déplacée vers les heures creuses, des appareils présents dans le logement et des horaires attribués localement. Un ballon d’eau chaude bien piloté ou quelques cycles lancés au bon moment peuvent faire la différence ; une utilisation surtout concentrée en soirée peut, au contraire, réduire l’intérêt de l’offre. Comprendre les nouvelles règles avant de souscrire reste le meilleur moyen de choisir sans mauvaise surprise.
Option heures pleines/heures creuses : l’ouverture aux compteurs de 3 kVA
Jusqu’au 31 juillet 2026, les abonnés disposant d’un compteur de 3 kVA étaient généralement limités à l’option Base au tarif réglementé. Leur kilowattheure était facturé au même prix toute la journée, sans distinction entre heures pleines et heures creuses. Pour accéder à la double tarification, il fallait auparavant envisager un abonnement d’au moins 6 kVA, même si le logement n’avait pas besoin d’une telle puissance.
La décision de la Commission de régulation de l’énergie référencée 2026-147 a changé cette règle à compter du 1er août. Les clients en 3 kVA peuvent désormais demander l’option HP/HC sans augmenter la puissance souscrite. Pour les studios et les petits appartements, l’intérêt est concret : le choix d’une tarification ne dépend plus d’un changement de puissance qui pourrait modifier le coût de l’abonnement ou ne correspondre à aucun besoin réel.
La modification repose sur le compteur Linky et se fait à distance, par l’intermédiaire du fournisseur d’énergie. Dans le cas ordinaire, aucun travaux dans le logement ni rendez-vous de technicien ne sont nécessaires. Le client doit néanmoins vérifier auprès de son fournisseur que son contrat et sa situation sont éligibles, puis comparer le prix de l’abonnement et les tarifs du kWh avant de valider le changement.
Studios, étudiants et logements chauffés collectivement
Cette évolution concerne notamment les étudiants installés dans un studio, les personnes seules vivant dans un T1 et les habitants dont le chauffage est collectif. Ces logements ont souvent une puissance électrique modeste, mais ils peuvent tout de même disposer d’un ballon d’eau chaude individuel, d’un lave-linge ou d’un lave-vaisselle programmables. La faible puissance du compteur n’empêche donc pas, à elle seule, de décaler certains usages.
Imaginons Lina, étudiante dans un studio avec chauffage collectif et ballon électrique. Elle n’a pas besoin de faire fonctionner plusieurs appareils puissants en même temps ; en revanche, son ballon peut chauffer pendant une période creuse et son lave-linge peut démarrer en différé. Pour elle, l’ouverture de l’option donne accès à une stratégie de pilotage qui n’existait pas auparavant avec son compteur de 3 kVA.
Le profil de logement compte davantage que sa taille seule. Un petit appartement tout électrique, avec cuisson, chauffage d’appoint et appareils utilisés simultanément, doit surveiller la puissance appelée pour éviter les coupures, même s’il profite de prix réduits à certaines heures. À l’inverse, un studio peu équipé mais doté d’un chauffe-eau programmable peut reporter une part appréciable de sa demande sans bouleverser les habitudes de son occupant.
La démarche commence par un échange avec le fournisseur et une lecture attentive du contrat proposé. Le titulaire doit vérifier la puissance, le prix de l’abonnement et les conditions de changement d’option, puis observer ses usages sur une période représentative. L’accès devient plus large, mais le choix gagnant reste celui qui correspond aux appareils réellement utilisés.
Nouvelles plages horaires : ce qui change dans le calendrier des heures creuses
Depuis la révision engagée à la fin de 2025, l’organisation des heures creuses s’adapte davantage aux moments où l’électricité est disponible à moindre coût pour le système. La règle conserve huit heures creuses par jour, mais leur placement peut désormais combiner une longue séquence nocturne et un créneau en journée. Pour les ménages, le changement principal est simple : certains appareils peuvent être programmés en dehors de la nuit.
Les plages comprennent au moins cinq heures consécutives entre 23 h et 7 h. Elles peuvent aussi comporter jusqu’à trois heures consécutives l’après-midi, dans la fenêtre comprise entre 11 h et 17 h. La répartition exacte n’est pas identique partout, et les horaires ne sont pas choisis librement par l’abonné : ils sont définis selon le lieu de consommation et communiqués par le fournisseur.
La saison joue également un rôle. Du 1er novembre au 31 mars, les heures creuses sont principalement placées la nuit ; du 1er avril au 31 octobre, elles peuvent être réparties entre la nuit et l’après-midi. Un créneau diurne n’est donc garanti ni à tous les clients ni pendant toute l’année. Avant de programmer ses appareils, il faut consulter les heures réellement attribuées à son adresse, plutôt que de se fier à un horaire trouvé pour une autre commune.
Une organisation locale, pas un horaire à la carte
Dans la pratique, deux voisins peuvent avoir des horaires proches sans disposer exactement des mêmes plages. Les clients d’un même secteur retrouvent généralement une organisation comparable, et les fournisseurs reprennent les plages transmises pour le point de livraison. Il ne suffit donc pas de choisir une option HP/HC pour décider soi-même que le lave-vaisselle démarrera à 14 h ou que le ballon chauffera à 2 h du matin.
Marc, qui vit dans un appartement avec un ballon d’eau chaude et travaille à domicile, reçoit un créneau creux l’après-midi pendant la période estivale. Il peut alors programmer le ballon et le lave-vaisselle au moment où le tarif est bas, tout en gardant son rythme de travail. En hiver, si ses heures creuses reviennent essentiellement la nuit, le même foyer devra revoir les programmations plutôt que supposer que l’emploi du temps reste inchangé.
Cette saisonnalité rend les automatismes utiles, à condition qu’ils suivent les heures contractuelles. Les paramètres inscrits dans le compteur ou transmis au système de gestion domestique doivent être vérifiés lors du changement de calendrier. Une programmation fixe, réglée une fois puis oubliée, peut finir par lancer un appareil en heures pleines et annuler une partie du bénéfice attendu.
Pour les consommateurs qui souhaitent comprendre le pilotage des équipements, un guide sur la domotique et les heures creuses peut aider à repérer les automatismes adaptés. Le bon réflexe reste de partir des horaires officiels du compteur, puis de coordonner les appareils autour d’eux : la flexibilité nouvelle est précieuse, mais elle fonctionne mieux quand elle s’appuie sur des données exactes.

Tarifs de l’électricité : à partir de quand l’option devient rentable ?
Au tarif réglementé indiqué pour le 1er août 2026, le kilowattheure revient autour de 0,2142 euro en heures pleines et de 0,1589 euro en heures creuses. Le tarif Base se situe autour de 0,2001 euro par kilowattheure. Ces repères montrent le mécanisme : l’électricité utilisée pendant les heures creuses coûte moins cher que le prix Base, tandis que celle consommée en heures pleines revient plus cher.
Il ne suffit donc pas d’avoir quelques appareils programmables pour être gagnant. La part de consommation électrique réellement déplacée vers les périodes réduites est déterminante. Les estimations associées à cette évolution situent souvent le seuil d’intérêt autour de 25 à 30 % de la consommation en heures creuses, mais le résultat exact dépend de l’abonnement, des prix appliqués par le contrat et du profil de consommation du foyer.
La comparaison se fait sur une facture complète, pas sur le prix le plus bas affiché. Si une famille consomme une grande partie de son électricité le soir, elle peut payer davantage en heures pleines qu’avec le tarif Base, même si son ballon d’eau chaude fonctionne la nuit. À l’opposé, un logement disposant de plusieurs usages facilement décalables peut tirer parti des huit heures à prix réduit sans modifier profondément son quotidien.
Deux profils, deux résultats très différents
Camille et Samir habitent un T1, disposent d’un ballon d’eau chaude et lancent leur lave-linge deux fois par semaine. Ils règlent le chauffe-eau sur les heures creuses et utilisent le départ différé pour leur lessive. Si leurs plages comprennent une période nocturne adaptée, une portion régulière de leur demande bascule au tarif réduit, ce qui rend l’option plus intéressante qu’un simple abonnement choisi au hasard.
À l’inverse, un télétravailleur qui cuisine à l’électricité le soir, utilise un ordinateur toute la journée et possède peu d’appareils programmables pourra déplacer une part plus faible de sa consommation. Les heures creuses ne compensent pas forcément les kilowattheures facturés plus cher pendant ses pics d’usage. Dans ce cas, l’option Base peut rester la plus simple et la plus économique, malgré l’accès désormais ouvert au 3 kVA.
La Commission de régulation de l’énergie estime qu’une majorité des petits compteurs pourrait bénéficier de l’ouverture sans changer ses habitudes. Cette appréciation ne signifie pas que chaque abonné réalisera automatiquement des économies. Elle s’appuie sur des profils moyens ; un contrat individuel mérite toujours une vérification avec les tarifs en vigueur et la répartition réelle des usages.
Une comparaison utile consiste à prendre les consommations annuelles, à séparer autant que possible les kilowattheures en heures pleines et en heures creuses, puis à appliquer les prix et l’abonnement de chaque option. Le fournisseur peut fournir des éléments de suivi, et le compteur Linky permet de consulter des données de consommation selon les services disponibles. La meilleure option est celle qui réduit le coût global, pas celle dont le tarif creux semble le plus séduisant.
Cette comparaison prend encore plus de valeur lorsque les habitudes varient selon les saisons. Le chauffage électrique peut peser fortement en hiver, tandis que l’usage d’un climatiseur ou d’équipements de loisirs peut déplacer les consommations durant l’été. Un calcul fondé sur une seule semaine calme risque ainsi de donner une image trompeuse : mieux vaut observer plusieurs périodes et conserver une marge pour les changements d’horaires.
Compteur Linky, appareils connectés et économies d’énergie au quotidien
Le compteur Linky facilite la mise en œuvre de l’option, car les changements de contrat et certaines configurations peuvent être réalisés à distance. Il ne rend pas, à lui seul, les appareils intelligents : c’est la coordination entre les plages tarifaires, les équipements et les habitudes du foyer qui permet de déplacer la demande. Un contacteur de chauffe-eau, une prise compatible ou une fonction de départ différé peuvent suffire dans un logement simple.
Les appareils connectés ajoutent une couche de pilotage. Une prise intelligente peut programmer un équipement qui n’intègre pas d’horloge, tandis qu’un système domotique peut déclencher plusieurs appareils selon les heures disponibles. Pour explorer les possibilités, les équipements connectés dédiés au suivi de l’énergie donnent des pistes pour mesurer les usages et automatiser les gestes répétitifs.
Automatiser sans compliquer la vie des occupants
Le chauffe-eau est souvent le premier candidat au pilotage, car son fonctionnement peut être programmé sans demander une action quotidienne. Le lave-linge et le lave-vaisselle offrent aussi un départ différé, même si le confort sonore et la présence des occupants doivent être pris en compte. Faire tourner un appareil la nuit n’a aucun intérêt si cela gêne le sommeil ou contrevient aux règles de l’immeuble.
Un thermostat intelligent peut synchroniser certains besoins de chauffage avec les horaires et les habitudes des résidents, mais il ne faut pas confondre tarif bas et consommation évitée. Chauffer davantage uniquement parce que l’électricité est moins chère peut augmenter la demande totale. Les économies d’énergie les plus solides viennent d’un réglage raisonnable, d’une température adaptée et d’une programmation qui évite les périodes de gaspillage.
Dans un appartement de petite surface, une configuration réaliste pourrait associer un chauffe-eau piloté par contacteur, une machine à laver en départ différé et un suivi mensuel de la consommation. Le résident reçoit une notification avant le lancement d’un cycle ou laisse le système démarrer automatiquement pendant la plage creuse. Un contrôle occasionnel permet de s’assurer que l’automatisme n’a pas conservé un ancien horaire après une modification saisonnière.
La domotique aide aussi à préserver la puissance souscrite. Dans un compteur de 3 kVA, faire fonctionner simultanément plusieurs appareils gourmands peut provoquer une coupure, quelle que soit l’option tarifaire. Un gestionnaire d’énergie peut échelonner les usages, par exemple en retardant le lave-vaisselle pendant que le ballon chauffe, afin de limiter les appels de puissance sans sacrifier le confort.
Pour une approche plus avancée, le pilotage d’un thermostat en fonction des heures creuses illustre comment coordonner les horaires et les besoins réels du logement. L’automatisation n’a pas besoin d’être spectaculaire : deux réglages bien choisis et un suivi fiable apportent souvent davantage qu’une installation complexe laissée à ses réglages d’usine.
Qui a intérêt à souscrire aux heures pleines/heures creuses ?
L’option s’adresse désormais à un public plus large, mais les profils capables d’en tirer le meilleur parti restent ceux qui disposent d’usages déplaçables. Un ballon électrique, des appareils dotés d’un départ différé et une présence compatible avec les créneaux diurnes ou nocturnes forment une combinaison favorable. Les habitants d’un logement chauffé collectivement peuvent également profiter de la modulation pour l’eau chaude et les appareils domestiques, même s’ils ne contrôlent pas le chauffage central.
Les résidents d’un studio ou d’un T1 ne doivent plus écarter l’option uniquement parce que leur compteur est de 3 kVA. Ils doivent plutôt se demander quelle part de leur consommation peut réellement se dérouler pendant les périodes réduites. Si le chauffe-eau représente une part importante de la facture et peut être commandé automatiquement, l’examen de HP/HC a du sens ; si presque tout l’usage se concentre en soirée, le tarif Base mérite une comparaison sérieuse.
Une vérification concrète avant de changer de contrat
Le premier repère se trouve dans les factures et l’espace client du fournisseur : puissance souscrite, consommation annuelle, prix du kilowattheure et coût de l’abonnement. Le client peut ensuite relever les plages horaires attribuées à son compteur, puis repérer les appareils dont le fonctionnement peut être décalé. Cette démarche évite de fonder la décision sur une moyenne nationale ou sur les horaires d’un proche qui habite ailleurs.
Il faut aussi tenir compte du rythme du foyer. Une famille dont le lave-linge tourne souvent en journée peut tirer parti d’un créneau diurne, tandis qu’un ménage absent toute la journée préférera peut-être les heures nocturnes. Les nouveaux créneaux offrent davantage de possibilités, mais ils ne changent pas les contraintes pratiques : le bruit, la sécurité des appareils et les consignes du fabricant restent prioritaires.
Une période d’observation après le changement peut compléter la simulation initiale. Les occupants consultent leur consommation, vérifient que les cycles démarrent au bon moment et repèrent les usages qui restent en heures pleines. Si l’organisation est peu pratique ou si les prix aboutissent à une facture plus élevée, il est pertinent de réexaminer les modalités de contrat avec le fournisseur d’énergie, plutôt que de multiplier les automatismes sans mesurer leur effet.
Le bilan doit enfin distinguer économie financière et réduction de la consommation. Décaler un lavage vers une heure moins chère peut alléger la facture sans réduire les kilowattheures utilisés ; éviter un cycle inutile ou ajuster le chauffage agit, lui, sur la consommation électrique elle-même. Les deux leviers peuvent se compléter, et c’est leur combinaison qui donne une stratégie durable pour le logement.
Au fond, l’accès aux compteurs de 3 kVA corrige une ancienne barrière et rend l’option accessible à des foyers modestes ou de petite taille. Le gain dépend ensuite de trois données très concrètes : les heures attribuées, les tarifs du contrat et la capacité à déplacer des usages sans dégrader le confort. Pour un logement bien équipé, un pilotage simple peut transformer une nouvelle possibilité tarifaire en économies tangibles ; pour les autres, le tarif Base reste une comparaison à ne pas négliger.
Installateur domotique passionné de 30 ans, je me spécialise dans la création de solutions intelligentes pour faciliter votre quotidien. Mon expérience me permet de vous accompagner dans vos projets de modernisation de votre habitat.